La jeunesse africaine : l’espoir des désespérés

La jeunesse africaine : l’espoir des désespérés

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La jeunesse africaine : l’espoir des désespérés

 

Ligne de départ : un questionnement

Comment penser et orienter le devenir de la jeunesse africaine (plus de 60% de la population est âgée entre 18 et 25 ans, vivant à la fois dans les campagnes et dans les villes), dans un contexte où espoir, peur et humiliation sont mêlés ?  Quel espoir pour la jeunesse africaine dans un continent marqué par des violations de la légitimité démocratique, par des intégrismes violents, par des maladies, par le chômage ? Par quel chemin passer pour penser, préparer et éclairer l’avenir du continent africain ?

Ligne de position : un axe de réflexion

Il faut penser l’avenir du continent africain, avec la jeunesse africaine, sur la base de l’espoir, du possible. Beaucoup de jeunes pensent l’Afrique comme un « lieu négatif » selon l’expression de Chinua Achebe, sans avenir et sans espoir. Continent sans avenir, écartelée par les démons inséparables de l’instabilité politique et du dénuement économique…cette vision de l’Afrique a été facilité par la production d’une abondante littérature qui désigne l’Afrique de cette manière-là : l’Afrique noire est mal partie, l’Afrique ambiguë, l’Afrique bloquée, l’Afrique marginalisée, l’Afrique pauvre, très pauvre… La corruption, la mal gouvernance, l’exploitation des richesses au profit d’intérêts privés, le chômage, les épidémies (Ebola), les guerres, le terrorisme : tout cela fait de l’Afrique une terre de misère et de barbarie et donc un lieu négatif sans avenir et sans espoir. Certains vont jusqu’à écrire – c’est le cas de Stephen Smith dans sa Négrologie, que « l’Afrique est le mouroir de tous les espoirs, un continent en agonie prêt à être rayé de la carte géopolitique internationale ».

Sans être naïf sur la réalité du continent africain, je fais l’hypothèse que dans le contexte actuel de notre continent, l’espérance est le meilleur choix que puisse faire notre liberté face au temps. C’est l’espérance qui nous donnera l’énergie maximale pour construire l’Afrique de demain. L’espérance peut être le lieu d’une genèse renouvelée. Je fais le pari de l’espérance. Ce pari n’est pas un pari « malgré tout » ou « après tout », ou pour le dire autrement, « parce qu’on ne sait pas quoi faire d’autre ». Le choix de l’espérance est fondé sur la capacité à ouvrir des possibilités à un devenir, à un avenir meilleur. Depuis quelques années de nombreux livres, journaux et magazines ne cessent de chanter : l’Afrique, un nouvel horizon[1],  l’Afrique, un continent qui gagne[2], l’Afrique, un continent d’avenir[3]. On nous parle de l’Afrique qui bouge, de l’Afrique comme d’une nouvelle Afrique qui émerge[4]. Jean-Michel Severino et Olivier Ray, nous disent même que nous sommes dans Le Temps de l’Afrique et ils s’autorisent, à propos, de l’Afrique, à écrire : « On la croyait vide, rurale, animiste, pauvre, oubliée du monde. Or, cinquante ans après les indépendances, la voilà pleine à craquer, urbaine, monothéiste. Si la misère et la violence y sévissent encore, la croissance économique y a repris ; les classes moyennes s’y développent. Elle était «mal partie » ; la voilà de retour – à grande vitesse »[5].

Donc, entre pessimisme et optimisme, je fais le pari de l’espérance ! C’est ce que je vais essayer de faire valoir dans les lignes qui suivent.

I. L’Afrique, un pôle d’espérance ?

Il s’agit de s’interroger sur la capacité de l’Afrique à être un pôle d’espérance pour la jeunesse africaine

  1. Le poids de l’Occident dans l’idée du « futur » africain.

Pour beaucoup de chercheurs – notamment les chercheurs Occidentaux – le continent africain ne peut pas constituer un pôle d’espérance, malgré ses richesses minières fabuleuses : 80% du platine, 40% des diamants, plus de 20% de l’or et du cobalt de la planète, des réserves pétrolières colossales, des forêts, des cours d’eau, des terres arables en quantité n’y changent rien. Pour Stephen Smith, « le présent n’a pas d’avenir en Afrique »[6], car « l’Afrique se meurt d’un suicide assisté »[7]. La corruption, la mal gouvernance, l’exploitation des richesses au profit d’intérêts privés, le chômage, les épidémies, les guerres, le terrorisme font de l’Afrique une terre de misère et de barbarie et donc un lieu négatif sans avenir et sans espoir. Dans un livre intitulé L’Afrique vue par ses jeunes. Le chaos et l’espoir, publié à l’Harmattan en 2007, sous la direction de Noureddine Affaya et Driss Guerraoui, les jeunes africains jugent et analysent eux-mêmes leur continent et considèrent l’Afrique comme : « complexe, déstructurée, mal gouvernée, mal développée, exploitée sans scrupule, malade ; où le népotisme et le clientélisme, la lutte acharnée pour la préservation des intérêts privés, et des clans, deviennent des traditions, héritées, depuis la période coloniale jusqu’à maintenant »[8]. Dans ce contexte, pour reprendre le titre d’un livre du politologue Camerounais Achille Mbembe, l’Afrique peut-elle « sortir de la grande nuit »[9] ? Peut-on rêver d’un nouveau « monde-africain-qui-vient »[10] ?

  1.  Quand l’Afrique cherche à se « tenir débout par elle-même » !

Les études prospectives de ces dernières années montrent que l’Afrique constituera au XXI° siècle (et nous y sommes) un marché porteur et une sphère appropriée de création d’activités économiques nouvelles. Ces perspectives sont mises en évidence par le poids démographique et économique futur du continent africain. En 2050, la population mondiale devrait être de l’ordre de 9,191 milliard d’habitants et le continent africain comptera à lui seul 1,998 milliard d’habitants, soit près de trois fois plus peuplé que l’Europe qui ne comptera que 664 millions d’habitants. L’Afrique représentera alors 18 % de la population mondiale. Elle sera plus peuplée que la Chine qui ne devrait avoir que 1,408 milliard d’habitants et que l’Inde avec 1,658 milliard d’habitants. (Cf. Les rapports documentés de la Division de la population du département des affaires économiques et sociales des Nations Unies[11]).

Ces prévisions démographiques peuvent ne pas se réaliser intégralement à l’avenir, mais elles annoncent des tendances qui donnent à penser. Par exemple, on peut considérer que la population africaine restera marquée pour les 25 prochaines années par sa jeunesse, réalité démographique synonyme de croissance soutenue des besoins et donc d’une demande potentielle dans les domaines les plus divers. Donc, « ne serait-ce que pour des raisons démographiques, une large part du destin du XXIe siècle se joue en Afrique »[12].

Il n’existe aucune fatalité à ce que le destin de l’Afrique soit placé sous le signe de la violence, de la misère et de la tyrannie. Misère, pauvreté, sous-développement, guerres et maladies ne doivent pas être perçus comme des réalités inscrites dans le patrimoine génétique des africains. Un « autre monde est possible » pour l’Afrique et beaucoup de penseurs africains estiment que nous sommes à l’heure de l’ « invention de l’Afrique »[13], c’est-à-dire, à ce moment de l’histoire de l’Afrique où il faut se débarrasser de l’Afrique dont l’identité a été fabriquée par les « bibliothèques coloniales », et donner la possibilité aux africains de s’exprimer de manière indépendante et de travailler à se réaliser par leurs propres forces. Chez certains intellectuels africains, c’est presqu’une profession de foi : « Grâce à une Organisation des Nations Unies rénovée et ouverte, grâce à une Union africaine démocratique et ambitieuse et avec le soutien actif et désintéressé des peuples et des ‘esprits-monde’ qui s’affirment aux quatre coins de la planète, je ne doute pas que, plus encore qu’au XX° siècle ; l’Afrique noire sera la « divine surprise » du XXI° siècle. Si la Chine humiliée du début du XX° siècle a pu, à la fin du siècle passé, émerger fièrement comme rivale de l’Occident, rien ne devrait pouvoir freiner l’ascension du monde négro-africain »[14]. Pour y arriver, il faut mettre en place des institutions fortes et trouver des hommes intelligents, éclairés pour les diriger.

3.  Le devoir d’imaginer des institutions fortes pour l’Afrique

L’Afrique a besoin de se doter des capacités institutionnelles qui lui permettent de défendre ses intérêts et d’exercer ses responsabilités collectives.  L’Afrique reste un continent émietté et les nations qui la composent forment un groupe très peu homogène pour prétendre peser dans les négociations internationales. Ainsi, alors que nous ventons la force démographique de l’Afrique, il faut reconnaître que ce continent n’a pas l’unité institutionnelle qu’il faut pour négocier avec les autres grands ensembles du monde. Cette situation alimente l’afro-pessimisme. Cela dit, en mai 2000, l’hebdomadaire international The Economist a publié un dossier édifiant sur l’Afrique avec comme titre en page de couverture : « The hopeless continent » (le continent sans espoir). En décembre 2011, le même magazine titre en page de couverture concernant l’Afrique : «The hopeful continent » (le continent prometteur) avec une documentation instructive. The Economist rappelle qu’au cours de la première décennie du XXI° siècle, « six des 10 pays ayant la plus forte croissance étaient africains », ou que sur 8 des 10 dernières années, l’Afrique a connu un taux de croissance supérieur à l’Asie de l’Est (Japon inclus)[15]. Faut-il conclure que l’avenir de l’Afrique se fera sur la base même de la force de ses paradoxes ? En tout cas, nous pensons que « l’incertitude africaine »[16] n’empêche pas de faire, avec la jeunesse africaine, le pari de l’espérance, car, « au point où en est le monde on n’a ni le droit de choisir la fuite en avant, ni de désespérer »[17].

II. Le pari de l’espérance avec la jeunesse africaine

  1. Renoncer à l’espérance, c’est renoncer au goût de l’avenir

L’espérance est liée à un pari sur les possibilités actuelles ou futures. Elle pousse à évaluer le possible maintenant tout en incitant à faire une confiance raisonnée au temps. Depuis une dizaine d’années, je parcours  l’Afrique de l’Ouest avec des jeunes africains dans le cadre de voyages d’intégration africaine[18] avec l’ambition de sensibiliser la jeunesse africaine aux enjeux actuels du continent. L’intégration africaine est justement un de ces enjeux majeurs pour l’Afrique. En Afrique de l’Ouest, l’impulsion est donnée par l’UEMOA (Union Economique Monétaire Ouest Africaine) et la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest). Mais ces Espaces communautaires n’arrivent pas toujours à faire valoir la logique sous-régionale, et les attentes restent encore très fortes, ne serait-ce que sur la libre circulation des biens et des personnes.

C’est précisément en partant de ce constat que nous proposons aux jeunes africains de se rencontrer dans la dynamique de l’intégration pour faire d’eux de vrais héritiers du panafricanisme. Ces rencontres visent à donner une chance à l’intégration sous-régionale par les échanges entre jeunes et à favoriser le respect des valeurs humaines et spirituelles des peuples sans distinction. Avec ces aventures, qui valorisent l’intégration « par le bas », à côté de l’intégration « par le haut » prôné par les Etats, nous avons fait le choix de penser l’avenir de l’Afrique sur la base d’un principe : celui de l’espérance. Ce principe consiste à dire qu’une société qui n’est plus « tirée en avant » par une valorisation de l’avenir, sera une société sans promesse et sans espérance. Nous ne pouvons pas renoncer à l’espérance, car renoncer à l’espérance, c’est renoncer au goût de l’avenir, et renoncer au goût de l’avenir, c’est s’accommoder du présent, et le présent, si on n’y prend garde peut se présenter sous la forme d’un désordre.

  1. Penser l’avenir sur la base du principe de l’espérance

Il est nécessaire de penser l’avenir avec la jeunesse africaine sur la base du principe de l’espérance. Les jeunes africains sont pleins de dynamisme et de volonté, et l’espérance est ce qui aide la volonté à s’engager même là où, maintenant, tous les moyens d’une réussite certaine ne sont pas maîtrisables. L’espérance n’est pas seulement une vertu théologale nourrissant la foi des chrétiens, mais c’est aussi, du point de vue de la pensée humaine, le meilleur choix que puisse faire notre liberté face au temps. Dans les années 50, Ernst Bloch, un athée résolu, a publié un important livre en trois volumes intitulé Le Principe espérance. Il attirait notre attention sur les dangers d’un monde clos, un monde sans projet ni dessein[19]. Le contexte de l’Afrique nous inspire peut-être des idées de fatalité ou des causes perdues : le terrorisme, les tragédies que provoque l’immigration, les barbaries humaines ici et là, ….tout cela ne fait qu’habiller le continent noir en noir donnant à la jeunesse africaine l’impression de vivre dans un continent « pour-la-mort » et d’être condamnée à une forme de « clôture de l’avenir »[20]. La désespérance gagne une bonne partie de la jeunesse africaine et les jeunes africains, désespérés, « baissent les bras ».  Et quand on baisse les bras, ou ouvre les portes au désespoir et le désespoir peut conduire à l’enfer.

  1. L’enfer : le lieu de l’inespoir

Faut-il se livrer au désespoir et donner à croire que le pire est certain ?  Il semble que « quand croit le péril, croît aussi ce qui sauve » (Hölderlin) et ce qui peut sauver en ce moment la jeunesse africaine, c’est l’espérance. Dans la tradition chrétienne on parlait autrefois du péché d’acédie, lequel consiste en un renoncement à l’espérance. L’acédie était placé au premier rang des péchés capitaux et on comprend pourquoi Dante, dans La Divine Comédie, fait figurer une inscription explicite à l’entrée de l’enfer : « Vous qui entrez ici, quittez toute espérance », car, très justement, l’enfer est le lieu spécifique de l’inespoir[21]. Oserions-nous écrire que pour les jeunes africains, renoncer à l’espoir, c’est ouvrir les portes de l’enfer ? En tout cas, ce qui se laisse voir, c’est que sous la pression des difficultés économiques et sociales extrêmes, beaucoup de jeunes sont décidés à partir, quitte à mourir en mer. Dans son livre, l’Afrique humiliée, Aminata Traoré parle justement des « désespérés qui traversent l’enfer du désert », évoquant ainsi la réalité de ces milliers de jeunes africains contraints à émigrer dans la clandestinité du fait d’une situation économique et politique difficile dans beaucoup de pays africains. Sans-emploi, sans-repères, sans-voix, les jeunes africains sont dépourvus de perspectives d’avenir et il faut beaucoup d’énergie et d’imagination pour leur donner des raisons d’espérer, de croire en eux-mêmes, en leur pays, en leur continent. Je pense qu’il faut leur proposer des grands rêves, c’est-à-dire des raisons d’espérer.

  1. Proposer des grands rêves à la jeunesse africaine

Il nous faut accompagner, de manière déterminée, cette jeunesse africaine. J’appelle surtout à rêver d’unité africaine avec la jeunesse. Je pense que nous sommes autorisés à penser la construction d’une Afrique forte et unie, et à rêver que demain sera meilleur qu’aujourd’hui. Nous devons favoriser la naissance de « grands rêves »[22] dans l’esprit des jeunes africains, des rêves qui permettent de se donner des lignes d’horizons, de savoir s’orienter, de savoir où aller, de savoir quel chemin emprunter pour se retrouver soi-même et atteindre les buts qu’on s’est fixés. Je crois que le rôle des adultes est de montrer aux jeunes le chemin à suivre et de leur dire qu’ils sont comme des voyageurs qui gravissent la montagne dans la direction d’une étoile et que malgré les difficultés de l’escalade, il faut tenir bon et ne pas perdre de vue l’étoile de référence. Dans le contexte actuel de notre continent, l’espérance est donc le meilleur choix que nous puissions faire. C’est l’espérance qui nous donne l’énergie maximale pour construire l’Afrique de demain. Il y a un espoir pour les désespérés. Nous voulons dire par là qu’il y a une volonté du désespéré. Une volonté qui projette toujours en avant, au-delà du présent. L’espérance n’est pas opposée à la volonté et la volonté n’exclut pas l’espérance.  Il faut donc tout faire pour aider la jeunesse africaine à ne pas sombrer dans le désespoir, car, quand le désespoir nous prend, nous nous détachons dangereusement de la vie. Le désespoir tue le désir de vivre, car il provoque à désirer la mort, l’anéantissement. Ne voyons-nous pas, ici et là, des jeunes se suicider ?

Une manière d’aider la jeunesse africaine, c’est de l’inviter à l’ouverture, au large, pour créer un futur nouveau : l’unité de l’Afrique.

III. L’unité de l’Afrique : un projet d’espérance

  1. « Sans l’intégration africaine, nous ne sommes rien » (J. Ki-Zerbo)

L’espoir de la jeunesse africaine se trouve aujourd’hui dans le noble projet de l’unité du continent. L’ambition de la jeunesse africaine est de travailler à mettre en œuvre tous les éléments qui permettent de jeter les bases de l’unité africaine. Comment ne pas insister ici sur ce que doit être le rôle et le devoir des Etats africains dans la promotion des Etats-Unis d’Afrique ? Les responsables politiques africains doivent être les premiers à prendre conscience que le corps de l’Afrique est cousu de frontières artificielles qui hypothèquent le développement du continent et que par conséquent, ils doivent considérer la question de l’unité du continent comme un élément majeur de leur politique. On pourrait dire que l’intégration africaine n’est pas un projet politique parmi d’autres. C’est le projet opératoire par excellence pour donner aux sociétés africaines une configuration moderne en leur faisant triompher de l’ethnicisme et de toutes ses formes de régionalisme. C’est le projet politique (au sens de polis) qui ouvre aux peuples africains une autre perspective pour construire une nouvelle Afrique. Or, « une Afrique nouvelle émergente et intégrée ne peut se réaliser pleinement que si sa “population considérable de jeunes” qui est son avantage démographique, est mobilisée et équipée pour aider dans la conduite du programme d’intégration, de paix et de développement de l’Afrique »[23].

Cette vision découle de la croyance et de la conviction qu’un leadership fort et responsable et une intégration réussie doivent être fondés sur la participation, l’investissement et l’intégration de l’énorme potentiel de la population dont les jeunes sont un pilier essentiel. A la question : « quelles sont les grandes questions qui se posent aujourd’hui en Afrique ? », le professeur Joseph Ki-Zerbo répond : « Parmi les grandes questions, il y a d’abord celle de l’Etat » et il ajoute aussitôt : « ensuite, il y a la question de l’unité et de l’émiettement de l’Afrique. Mon idée (…), c’est que l’Afrique doit se constituer à travers l’intégration »[24].  Pour lui : « sans l’unité, nous ne sommes rien. Je dis bien nous ne sommes rien, je ne dis pas nous n’avons rien »[25].

  1. L’intégration africaine : in instrument essentiel pour l’avenir de l’Afrique

On peut penser que les espoirs et les idées de la jeunesse africaine ne deviendront vraiment intelligibles qu’au cœur d’une Afrique unie, forte, réconciliée, libérée de ses identités meurtrières et nourrie par le dialogue pacifique de ses identités multiples. L’intégration régionale est un instrument essentiel pour l’avenir de l’Afrique. Ces dernières années, les intellectuels africains l’ont affirmé fortement : la constitution des Etats-Unis d’Afrique noire est la seule voie qui ouvre des perspectives nouvelles pour le continent. L’intégration africaine est perçue comme la seule réponse convaincante au défi de la mondialisation ultralibérale et la planche de salut la plus sûre pour le continent africain.

Pour Joseph Ki-Zerbo, « l’option panafricaniste, aujourd’hui comme hier, demeure incontournable »[26]. Dans son Appel à la Jeunesse Africaine, Théophile Obenga affirme que « le futur de l’Afrique est panafricain, uniquement panafricain, toujours panafricain (…) Réanimer et revivre l’identité politique panafricaine, à travers les intégrations régionales et continentales, est le parcours adéquat vers le développement »[27]. Pour Cheikh Hamidou Kane, « L’Afrique doit s’unir, réellement, véritablement, rapidement, mettre en commun ses ressources humaines, au premier rang desquelles sa jeunesse, et ses ressources matérielles, parmi les plus considérables et les plus convoitées de la planète»[28]. Pour Edem Kodjo, « il n’y a pas d’avenir pour l’Afrique sans le panafricanisme et il ne saurait y avoir de renaissance véritable sans ressourcement au vin fort du panafricanisme »[29]. Pour Amzat Boukari-Yabara, « l’histoire du panafricanisme donne des clés pour comprendre, et parfois résoudre, les questions et les problèmes qui se posent à l’Afrique et que se posent les Africains »[30]. Plus récemment encore, au colloque « Penser et écrire l’Afrique », au Collège de France à Paris, l’historien et politologue camerounais, Achille Mbembe demandait que nous travaillions « à ouvrir l’Afrique à elle-même » en faisant de ce vaste continent un espace de circulation. Plus précisément, pour lui, « Il faut récupérer dans l’histoire précoloniale du continent la notion de transnationalité, retrouver cette circulation qui existait autrefois à travers les empires caravaniers et le commerce à longue distanceIl faudrait arriver à l’abolition des frontières héritées de la colonisation, car nul ne veut des Africains ailleurs »[31].

Le projet d’une fédération continentale africaine doit mobiliser les énergies des jeunes africains. Certes, le projet d’une Afrique unie peut paraître utopique pour certains. Mais, « l’utopie panafricaine est salutaire. Etant politique, elle peut devenir réalité demain »[32].

Il y a vraiment nécessité et urgence à éveiller chez les jeunes africains tous les sentiments qui leur permettent de participer à la construction d’une Afrique unie, parce que c’est notre intérêt de travailler à l’émergence d’une Afrique unie, politiquement stable, économiquement forte, raisonnablement gouvernée et capable d’éduquer sa jeunesse et de fournir un emploi à ses populations. Selon Landing Savane, l’enjeu est tellement important que les intellectuels et les leaders d’opinion africains devront faire appel à la jeunesse africaine pour imposer, par des mobilisations pacifiques à travers le continent, la seule voie qui ouvre des perspectives nouvelles pour le continent, celle de la constitution des Etats-Unis d’Afrique noire. Le rendez-vous de l’histoire avec l’Afrique ne saurait finalement exister sans la jeunesse africaine.

IV. La jeunesse, espoir de l’Afrique

  1. La jeunesse : force pour le présent et pour l’avenir

Lors de son Allocution devant le parlement du Ghana le 11 juillet 2009, le Président Barack Obama disait à propos du destin de l’Afrique que ce « seront les jeunes, débordant de talent, d’énergie et d’espoir, qui pourront revendiquer l’avenir que tant de personnes des générations précédentes n’ont jamais réalisé »[33]. Il est clair que l’Afrique aujourd’hui est un continent qui possède une très grande force que certaines parties de notre monde n’ont plus : sa jeunesse. Cet élément démographique est un véritable « lieu » pour penser l’Afrique de demain, car c’est la jeunesse africaine qui constituera l’Afrique de demain.

Dans son Plan d’action pour la décennie 2009-2018 intitulé Décennie Africaine de la Jeunesse, l’Union Africaine note que « la population africaine est estimée à plus de un milliard de personnes dont plus de 60% sont des jeunes hommes et femmes âgés de 15 à 35 ans ». Mais, poursuit le document,  « la majorité des jeunes africains sont toujours confrontés aux: chômage, sous-emploi, manque de compétences, éducation appropriée, accès au capital, besoins non satisfaits (…) La plus grande proportion de jeunes n’a pas la possibilité de développer pleinement son potentiel et de contribuer efficacement à la réalisation de la vision affirmée et à la mission des dirigeants africains »[34].

Cette triste situation crée de la révolte chez la jeunesse africaine. Après le « printemps arabe », nous avons assisté à la naissance du « printemps noir ». Très précisément, nous avons été témoins de la manière dont la jeunesse a exprimé, au Nord comme au Sud du Sahara, depuis 2011, son « ras-le-bol » à travers le rejet de la mal-gouvernance, de la pauvreté, du coût de la vie qui augmente sans cesse, de la faim qui menace, du désespoir devant son impuissance et la non-reconnaissance de ses compétences. Ne croyant plus en la politique et n’ayant plus de repères, la jeunesse africaine s’invente elle-même les moyens de sa survie, réclamant un avenir différent de celui qu’ont préparé les « présidents fondateurs ». Elle trouve les moyens de son expression : la musique, la danse, ainsi que les réseaux sociaux. Mais aussi la « rue » et les « pneus ». Comme le note Aminata Diallo Thior, « à défaut d’écoute de la part de l’Etat, la rue et les pneus en feu sont devenus terrain et moyen d’expression »[35]. N’oublions pas non plus les réseaux sociaux, nouveaux champs d’expression, qui servent aujourd’hui de caisse de résonnance pour faire changer les choses. Bref, la jeunesse africaine s’organise en réseaux, en associations et en mouvements, faisant naître ainsi une nouvelle force dans le dispositif socio-politique du continent : la société civile.

  1. Des jeunes capables d’innovation

Les jeunes d’aujourd’hui sont ouverts sur le monde. Ils n’éprouvent pas de problèmes culturels avec les clivages qu’on connait souvent ici et là. Ils pensent plus « nation », « continent » que « ethnie » et « tribus », même s’ils savent qu’ils sont de « quelque part ».

Ils savent ce que c’est que la contestation, la résignation, mais aussi l’innovation. Ils sont branchés sur la mondialisation et grâce aux jeunes, l’image de l’Afrique est en train de changer. Hier, la jeunesse africaine se battait pour les indépendances. Aujourd’hui cette même jeunesse se bat pour une culture démocratique, une culture citoyenne et une Afrique unifiée autour des concepts d’intégration et de renaissance africaine. A travers le continent, on constate une nouvelle forme d’organisation sociale qui devient le porte-parole du peuple dont le but est de défendre ses aspirations. Cela a été vrai avec le mouvement « Y’en a marre » au Sénégal, le « Balai citoyen » au Burkina Faso, les sociétés civiles en Guinée, au Ghana, etc. Derrière l’action de ces mouvements, on peut déceler une véritable ambition panafricaine. Si ces mouvements de jeunesse combattent tous ceux qui « blessent » la bonne gouvernance, ils vénèrent tous ceux qui se sont battus pour l’unité africaine. Ils rêvent de bonne gouvernance, d’unité et d’intégration africaine, de renaissance africaine…Leurs héros s’appellent Cheikh Anta Diop, Jomo Kenyatta, Frantz Fanon, Patrice Lumumba, Kwame Nkrumah, Thomas Sankara etc.

L’avenir de l’Afrique a besoin de la jeunesse africaine et la jeunesse africaine a besoin du passé de l’Afrique pour bâtir l’avenir. C’est ici que prend place l’éminente importance de l’éducation de la jeunesse africaine. Placée au carrefour de de la culture et de l’histoire, l’éducation doit être un élément catalyseur pour la jeunesse africaine. C’est l’éducation qui introduira une mutation positive dans l’esprit des jeunes pour les rendre décomplexés et fiers de leur identité africaine, car sans identité, nous sommes un objet de l’Histoire comme dirait Joseph Ki-Zerbo. C’est en raison de cela qu’il faut connaître l’histoire, car l’histoire permet de se connaître tel qu’on est et sans complaisance. L’histoire apporte la lumière de la vision vers l’amont et sert ainsi de remède et de levier pour l’aval. Ainsi, si l’espérance comme projection en avant est nécessaire, elle ne peut l’être vraiment que si la « projection » vient de « quelque part ».

V. L’espérance suffit-elle à la jeunesse africaine ?

  1. Ne pas perdre la mémoire du passé

Aussi nécessaire soit-elle, l’espérance ne suffit pas. Ou, pour être plus juste, disons que la projection « en avant » ne doit pas creuser un vide « en arrière ». L’enjeu donc est d’aider la jeunesse africaine à ne pas perdre le passé, à ne pas perdre la mémoire de l’histoire. Sur l’ensemble du continent africain la mémoire se pose souvent dans les termes d’un passé douloureux : esclavage, colonisation, impérialisme occidental etc. Tout cela a modelé l’image de marque de l’Afrique à la mesure des intérêts extérieurs, en enfonçant chez des générations africaines entières, les racines de la dépendance et de l’aliénation. Mais ce passé douloureux peut aussi devenir gros d’espérance si nous savons l’assumer comme une base permettant de créer un futur nouveau et différent[36]. Cela suppose que la jeunesse africaine connaisse l’histoire de l’Afrique, ce qui oblige à continuer à travailler à garder la mémoire du passé, à garder une relation vivante avec le passé. Il s’agit de connaître le passé, non pas par souci généalogique, mais pour se libérer de l’irrationnel.

Il s’agit donc d’aller au passé, non pour le présent, mais pour le futur. S’adressant à la jeunesse africaine le 27 juillet 2007 dans un discours que certains intellectuels africains ont qualifié, à raison, de « n’importe quoi »[37], Nicolas Sarkozy s’était érigé en « directeur spirituel » de la jeunesse africaine en l’invitant à ne pas «ressasser » le passé. Nous savons qu’il a reçu une réponse à la taille de sa méconnaissance de l’Afrique et du rapport que, partout, l’humain doit établir avec l’histoire pour son devenir[38]. Pour être maîtres de notre gestion, pour maîtriser le présent et construire l’avenir, il importe de ressasser le passé. « Le passé est à ressasser, car l’homme n’est pas une goutte d’eau tombé du ciel ; il faut protéger la racine pour que les fleurs soient belles, les fruits abondants »[39]. Il faut rechercher le passé, car, comme le dit Makhily Gassama, il est « levain du présent, truelle pour bâtir l’avenir »[40]. Nous n’y pouvons rien : partout dans le monde, nous vivons dans des sociétés qui se définissent et qui s’identifient dans une mémoire. Même sur le plan personnel, c’est à travers les éléments traversés, les périodes qui ont marqués notre vie, que nous nous définissons. Mieux encore, les peuples, les nations, les sujets collectifs ne se comprennent que dans la construction d’un ensemble de relations avec le passé.

  1. La mémoire du passé ouvre la possibilité d’un avenir et favorise l’estime de soi

La conscience du passé ouvre la possibilité d’un avenir. Un des mérites de Cheikh Anta Diop est d’avoir su déceler assez tôt que l’histoire du continent africain a été falsifiée pour les besoins d’une certaine cause, que les traditions ont été travesties, et la culture bafouée pour mieux inféoder les africains aux volontés des métropoles qui se sont partagées le sol africain. Et c’est Cheikh Anta Diop, qui, fouillant et interrogeant l’Histoire, enseigne aux enfants d’Afrique noire qu’ils doivent étudier le passé non pour s’y complaire mais pour y puiser des leçons[41]. Au Congrès des écrivains et artistes noirs de 1956, Aimé Césaire soulignait que «  la voie la plus courte vers l’avenir est toujours celle qui passe par l’approfondissement du passé »[42]. En s’enracinant dans le passé, « l’Afrique devra porter son regard vers ce qui est neuf. Elle devra se mettre en scène et accomplir, pour la première fois, ce qui n’a jamais été possible auparavant. Il faudra qu’elle le fasse en ayant conscience d’ouvrir, pour elle-même et pour l’humanité, des temps nouveaux »[43].

La mémoire du passé doit contribuer à l’estime de soi, à la valorisation de soi. Les psychologues considèrent l’estime de soi comme quelque chose de fondamental dans la maturation humaine. L’estime de soi est un facteur déterminant pour le développement de l’Afrique. L’estime de soi signifie avoir conscience de ses valeurs, de ce que l’on est, de ce que l’on veut être. C’est une façon de dire « moi je veux être ceci et je suis capable de l’être!» Cela a donc un lien avec la dignité. L’esclavage et la colonisation ont structurellement déconstruit la dynamique africaine.  Il fallait procéder à sa reconstruction, et libérer l’Afrique de la servitude, ce qui, au demeurant, équivalait chez beaucoup de penseurs africains, à l’acquisition du pouvoir formel de décider de soi de façon autonome. L’enjeu était de mettre les peuples africains en condition de publier une version moderne de l’africanité en réinterprétant leur moi collectif. C’est la tâche à laquelle s’est attelé Joseph Ki-Zerbo. La quête et la conquête de l’identité consiste à faire de l’Afrique un continent qui répond désormais de lui-même. « Il ne s’agit plus, écrit Ki-Zerbo, d’être à la remorque ou à la périphérie de quelqu’un d’autre, mais d’être au centre de nous-mêmes ». On peut donc considérer qu’il est nécessaire, en cultivant l’estime de soi chez les jeunes, de revaloriser ce qui a été mis à mal par les nations européennes. L’enjeu est vraiment important à l’heure où beaucoup de jeunes fuient l’Afrique. Il s’agit précisément de cultiver, de transmettre une certaine idée de l’histoire propre des sociétés africaines qui permette la renaissance africaine. Deux exemples : les réflexions philosophiques produites par des Africains ne pas enseignées dans les universités africaines. Cheikh Anta Diop et Joseph Ki-Zerbo ne sont pas encore des «cadres de références » pour penser l’Afrique d’hier à aujourd’hui. La question de l’estime de soi provoque aussi à ne pas définir la jeunesse africaine en fonction de ce qu’elle n’a pas, de ce qui lui manque. Il faut lui donner les moyens de se « projeter en avant ». Il y a peu de temps, dans son livre Afrotopia, Felwine Sarr a affirmé que « l’Afrique n’avait personne à rattraper ». Beaucoup de gens ont eu du mal à accepter cela, considérant que cela signifie que l’Afrique n’a pas de défis à relever. Or, au fond, les défis existent. Toutefois, pour Sarr, les défis relèvent plus de nos potentialités que d’un rattrapage. Un grand nombre de jeunes sont très heureux qu’on leur dise aujourd’hui que le continent africain n’est pas à la traine. A leurs yeux, c’est une forme de réhabilitation, un mot de réconfort et l’expression d’une réalité qu’ils vivent, mais dont personne ne restitue la complexité. En Afrique, nous avons encore une image dégradée de nous-mêmes. Nous avons beaucoup intériorisé des discours qui nous confinent à une place de subalterne, à une humanité reléguée. À tel point que nous ne voyons plus les qualités qui sont les nôtres, parce que les autres ne les (re)connaissent pas.

Conclusion : l’avenir et le futur sont à bâtir, à construire !

Dans un petit livre, Une autre vie est possible. Comment retrouver l’espérance[44], Jean-Claude Guillebaud rapporte cette injonction paradoxale du quatrième commandement hébraïque que nous trouvons dans le livre du Deutéronome dans la Bible : « Souviens-toi du futur » (Cf. Deut. 25, 17-19).  Ce propos biblique enjoint l’homme de se souvenir de « son » futur. Et J-C. Guillebaud commente : « se rappeler le futur, c’est ne pas oublier que nous sommes en chemin vers lui, en marche vers un avenir dont nous pensons qu’il sera meilleur »[45]. Cet avenir-là est à bâtir, à construire, car « le futur est l’autre nom de cette force qu’est la force d’autocréation et d’invention »[46].

On peut considérer que l’urgence pour l’Afrique, c’est d’enraciner sa jeunesse dans un passé, dans une mémoire, une tradition, pour déployer cela vers un futur, un projet, un dessein individuel et collectif. Le destin n’existe que choisi, construit et la construction s’enracine dans une tradition attentivement transmise et constamment revisitée. Autrement dit, le passé lui-même fonde le futur. Malgré « la prolifération de l’angoisse » (Luc Ferry), notre tâche, la tâche de la jeunesse africaine est de ne pas abandonner l’Afrique, de ne pas la laisser mourir. C’est notre « avancée » collective vers l’avenir qui donnera du sens au destin de notre continent. Faut-il le rappeler : l’espérance collective a été le moteur puissant du cours de l’histoire. Elle a nourri des engagements et des dévouements. Elle a mis en marche des individus pour des actions collectives et c’est sur elle que se sont fondés les pères des indépendances africaines. C’est elle qu’il faut transmettre à la jeunesse africaine. Maintenant.

 

Jean-Paul Sagadou

Initiateur des Voyages d’intégration africaine (V.I.A)

[1] Pascal DROUHAUD, « L’Afrique, un nouvel horizon », in Géopolitique Africaine, n° 41, quatrième trimestre, 2011, pp. 223-227.

[2] Cf. Le Monde, Hors-série, Afrique l’envol, Janvier 2015.

[3] Pascal DROUHAUD, « L’Afrique, un nouvel horizon », in Géopolitique Africaine, n° 41, quatrième trimestre ; 2011, p. 227.

[4] Achille MBEMBE, in Le Monde, Hors-série, Afrique, l’envol ; janvier 2015.

[5] Jean-Michel SEVERINO, Olivier RAY, le temps de l’Afrique, éd. Odile Jacob, Paris, 2011.

[6] Stephen SMITH, Négrologie. Pourquoi l’Afrique meurt, op.cit., p. 227.

[7] Idem, p. 231.

[8] Noureddine AFFAYA et Driss GUERRAOUI, L’Afrique vue par ses jeunes. Le chaos et l’espoir, harmattan, 2007, p. 32.

[9] Nous reprenons ici le titre du livre d’Achille MBEMBE, Sortir de la grande nuit. Essai sur l’Afrique décolonisée, éd. La Découverte, Paris, 2010.

[10] Idem, p. 13.

[11] Landing SAVANE, Le grand tournant du XX° siècle. Un regard africain sur le siècle des ruptures, Presses Panafricaines, 2015, pp. 292-293

[12] Nicolas BAVEREZ, « Le réveil de l’Afrique, nouveau continent émergent », in Géopolitique Africaine, n° 40, Troisième trimestre 2011, p. 148.

[13] Cf. Valentin MUDIMBE, The Invention of Africa, Bloomington, Indiana University Press, 1994.

[14] Landing SAVANE, Le grand tournant du XX° siècle, op. cit, p. 372

[15] Rapporté par Landing SAVANE, op. cit, p. 354.

[16] Expression utilisée par Philippe Collomb dans son texte « Quelle sécurité alimentaire pour les pays en développement en 2050 ? », in AA. VV, Les clés du XXI° siècle, Unesco/Seuil, Paris, 2000, p. 146. (Sous la Direction de Jérôme BLINDE)

[17] Spéro Stanislas ADOTEVI, « Un nouvel éveil des peuples ? », in Géopolitique Africaine, N° 40, troisième trimestre, 2011, p. 122.

[18] Depuis 2009, six éditions des voyages d’intégration africaine ont déjà été réalisées dans cinq pays différents avec des thèmes différents et regroupant chaque année plus de 50 jeunes de pays différents : le Burkina Faso en 2009 avec  comme thème : « l’intégration africaine », le Bénin en 2010 avec « intégration et rencontre des cultures » comme thème, le Mali en 2011 avec le thème : « intégration et renaissance africaine », en 2012 en Côte d’Ivoire avec comme thème : « Réconciliation et intégration africaine », en 2013 au Togo avec le thème : « Citoyenneté et intégration africaine », en 2015 au Sénégal avec le thème : « Intégration africaine et culture démocratique, en 2017 au Ghana avec le thème : « La jeunesse africaine et afro-descendante face au panafricanisme : Nkrumah et la reconstruction de l’Afrique ».

[19] Cf. Ernst BLOCH, le Principe d’espérance, éd. Gallimard, Paris, 1982.

[20] Expression empruntée à J-C. Guillebeaud, p. 14.

[21] Cf. Jean-Claude GUILLEBAUD, Une autre vie est possible, op.cit., p. 56-57

[22] Tanella BONI, « Des jeunes en quête d’avenir », in 50 ans après quelle indépendance pour l’Afrique, éd. Philippe Rey, Paris, 2010, p. 67.

[23] Cf. UNION AFRICAINE, Décennie Africaine de la Jeunesse, Plan d’Action 2009-2018/ www.africa-union.org

[24] Joseph KI-ZERBO, A quand l’Afrique ?, Entretien avec René Holenstein, Lausanne, Suisse, 2013, Editions d’en bas, (Première édition : 2003 ; éditions de poche : 2004)

[25] AA. VV ; Au professeur Joseph Ki-Zerbo. Hommages et témoignages, Série Etudes et Recherches, n° 277, Dakar, p. 123.

[26] Joseph KI-ZERBO, Repères pour l’Afrique, Ed. Panafrika/Slex/Nouvelles du Sud, Dakar, 2007, p. 180.

[27] Théophile OBENGA, Appel à la jeunesse africaine, éd. Ccinia communication, 2007, p. 73.

[28] Cf. Cheikh Hamidou KANE, Préface au livre de Aminata TRAORE, L’Afrique humiliée, Fayard, Paris, 2008, p. 18-19.

[29]Edem KODJO, Panafricanisme et Renaissance africaine, Ed. Graines de Pensées, Lomé, 2013, p. 7.

[30]Amzat BOUKARI-YABARA, Africa Unite ! Une histoire du panafricanisme, Ed. La découverte, Paris, 2014, p. 286-287.

[31] Cf. Le Point Afrique – Publié le 05/05/2016 à 16:13 – Modifié le 05/05/2016 à 18:03

[32] Théophile OBENGA, op.cit, p. 104.

[33] Barack OBAMA, « L’Afrique, une partie fondamentale de notre monde », in Géopolitique Africaine, n° 45, 2012, pp 9-20.

[34] Cf. UNION AFRICAINE, Décennie Africaine de la Jeunesse, Plan d’Action 2009-2018.

[35] Cf. Agence Française de Développement, Conférences idées pour le développement : « Les jeunes en Afrique : peut-on répondre à leurs attentes ? ». Conférence du 2 décembre 2014. Voir Document de synthèse in www.afd.fr/webdav/site/afd/shared/ELEMENTS_COMMUNS/PDF/ iD4D/

[36] Voir à ce propos, ce qu’écrit Achille MBEMBE, Sortir de la grande nuit. Essai sur l’Afrique décolonisée, éd. La Découverte, 2010, p. 53.

[37] Souleymane Bachir DIAGNE, « La faute à Hegel… » In L’Afrique répond à Sarkozy. Contre le discours de Dakar, AA. VV, éd. Philippe Rey, Paris, 2008, p. 150 (Sous la direction de Makhily Gassama)

[38] Cf. AA. VV, L’Afrique répond à Sarkozy. Contre le discours de Dakar, éd. Philippe Rey, Paris, 2008 (sous la direction de Makhily GASSAMA)

[39] Makhily GASSAMA, « le piège infernal », in L’Afrique répond à Sarkozy. Contre le discours de Dakar, AA. VV, éd. Philippe Rey, Paris, 2008, p. 15. (Sous la direction de Makhily Gassama)

[40] Idem, p. 17

[41] Cf. Cheikh ANTA-DIOP, Alette sous les tropiques, Présence Africaine, Paris 1990, p. 130.

[42] Cf. « Le 1er Congrès international des écrivains et artistes noirs. Paris, Sorbonne, 19-22 septembre 1956. Compte-rendu complet », Présence africaine, n° 8-10, 1956.

[43] Achille MBEMBE, Sortir de la grande nuit. Essai sur l’Afrique décolonisée, éd. La Découverte, Paris 2010, P. 243.

[44] J-Claude GUILLEBAUD, op. Cit, p. 117.

[45] Idem, p. 117.

[46] Achille MBEMBE, Sortir de la grande nuit, op. Cit, p. 56.

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