[Raïssa AMEKO : La jeune femme qui essaie de rendre les choses possibles] – Femmes africaines – Vision

[Raïssa AMEKO : La jeune femme qui essaie de rendre les choses possibles] – Femmes africaines – Vision

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Raïssa AMEKO : La jeune femme qui essaie de rendre les choses possibles.

Fondatrice et présidente de l’Association « Woman for Young Women 

Depuis quelques temps déjà, je suis préoccupé par la notion du « possible », par ce qui rend la vie possible, ce qui permet de remettre les choses en perspective, de se remettre debout. Comment vivre notre passé, comment gérer notre présent et nous projeter vers l’à-venir et vers l’avenir ? Vous le savez, notre histoire personnelle ou collective peut facilement devenir impossible à cause des difficultés de la vie et du fait du manque de repères, etc…Ce qui est extraordinaire, c’est qu’il y a des gens autour de nous, qui travaillent pour que les « choses n’aillent pas dans tous les sens », des personnes qui travaillent pour donner du sens aux choses, pour les rendre possibles, pour redresser là où ça semble tordu. Raïssa Ameko fait partie de ces personnes-là. Conseiller Principal de jeunesse de formation, ayant travaillé pendant une dizaine d’années dans l’administration togolaise dans les secteurs Genre/Égalité homme-femme, Planification/Suivi-Evaluation, Jeunesse et Emploi des jeunes, elle est fondatrice et présidente de l’Association « Woman for Young Women ». Cette association qui a pour mission/vision de susciter une génération de jeunes filles et de jeunes femmes visionnaires, leaders qui bâtissent leur vie autour de leurs rêves ou vision de vie et qui contribuent, de ce fait, au changement social dans leur environnement.  En un mot, elle consacre sa vie à enseigner que « autre chose » est toujours possible. 

Une autre vie est possible

Cette jeune dame, aux allures aristocratiques, mais marquée par une très grande simplicité, a un message pour la jeunesse africaine, en particulier pour la jeune fille africaine. Ce message est le suivant : une autre vie est possible. Elle dit aux jeunes femmes de cesser de marcher courber, de se redresser, de se tenir debout. Elle leur dit que la réalité est faite d’ombres et de lumières et que, malgré tout, la nouveauté peut surgir, même dans une vie troublée, blessée, cassée. Elle leur dit, à partir de son ÉCOLE DE VISION, qu’avec une VISION, chacun et chacune est capable d’écrire, de manière adéquate et nouvelle, une autre histoire de sa vie, une autre chronique, une autre page, un autre chapitre du live de sa vie. Au plus profond de cette jeune dame togolaise est logée une ferme volonté de tracer, pour les autres, les voies et les moyens de repenser sa vie, de la refaire, de la reconstruire, de la transfigurer ou de la reconfigurer, à l’aide de Dieu, tant il vrai que pour elle, Dieu n’est pas, et ne doit pas être un exclu de nos vies. C’est une femme de foi qui vit une spiritualité sans fétichisme. D’ailleurs, les premiers maux qu’elle veut démolir chez les autres, c’est la fatalité et l’impuissance. Pour elle, la femme, la jeune femme africaine – pour ne pas toute personne – est un entrecroisement de possibilités. Chaque jeune femme africaine qu’elle rencontre porte en elle une vision, c’est-à-dire un horizon du possible. Il n’y a donc pas de fatalité, ni de déterminisme. Il faut avancer ! N’est-ce pas un message adressé à toute à l’Afrique ?

Un message pour l’Afrique

A travers son ÉCOLE DE VISION, Raïssa nous dit que ce qui manque à l’Afrique, c’est une VISION. Elle nous dit qu’il y a trop de discours qui brouillent les pistes pour beaucoup de jeunes et que nous sommes en attente de « prophètes » et de visionnaires. Oh ! le type de prophètes qu’elle réclame, ce ne sont pas ceux qui crient jour et nuit dans les coins et recoins de nos villes, s’autoproclamant envoyés de Dieu. Le cri de ces gens-là débouche le plus souvent sur une annexion de Dieu au profit de leurs propres intérêts. Pour Raïssa donc, le prophète, c’est celui qui sait discerner le signe des temps, qui sait scruter et voir les besoins des hommes et des femmes, et qui, partant de là, décide d’agir. Vigilance, lucidité, refus de s’accommoder, capacité d’agir : voilà ce qu’elle semble nous enseigner de l’identité du prophète dont elle est en attente.

Raïssa veut former des leaders pour l’Afrique, des « VISIONNAIRES » pour notre continent. Elle nous dit en particulier que nous pouvons chercher les possibles pour l’Afrique. Le possible, c’est-à-dire le « non-encore », ce qui aspire à être, à devenir. Pour cela, il nous faut des hommes et des femmes visionnaires et pragmatiques. Il y a tant de possibilités enfouies en Afrique, mais malheureusement, certains travaillent à les étouffer. Depuis quelques années, avec courage, et en assumant les difficultés de la vie, de sa vie, Raïssa Ameko élabore les conditions d’éclosion du latent chez des jeunes filles, et travaille à faire naître ce qui a été « empêché » par la famille, par la société et par les évènements de la vie. Pour elle, rien n’est perdu, ni gagné d’avance. Tout est possible et son appel pressant à la jeunesse africaine, à la jeune fille africaine en particulier, c’est de travailler à créer la « nouveauté ». Elle invite chacun et chacune à se poser la question suivante : quel est le pro-jet de la ma vie, quelle est ma VISION ?

 La femme comme « possibilité » pour une autre l’Afrique !

Ce que nous dit la vie de Raïssa Ameko, c’est que les femmes africaines peuvent briser le cercle enchanté de notre monde artificiel et trouble où l’homme les maintient contre ses instincts. Les femmes peuvent bouleverser l’histoire et le destin de l’homme de notre continent avec les VISIONS dont elles sont porteuses. Les femmes peuvent être de nouveaux leviers pour la construction d’une nouvelle Afrique. Du coup, nous pouvons et nous devons rêver d’une société où les femmes pourront collaborer, avec toute la richesse de leur féminité, à la construction de notre continent, un continent fatigué, blessé par le court rationalisme de l’homme, par sa sécheresse de cœur et par la brutalité de son allure. En 1936, le philosophe Emmanuel Mounier avait choisi les mots suivants, presque provocateurs,  comme titre d’un de ses textes : « la femme aussi est une personne ».  C’est une évidence : la femme aussi est une personne et c’est peut-être de son côté que nous pourrons retrouver ce que le philosophe appelle « les valeurs premières d’un humanisme intégral ». Cela dépendra aussi de la façon dont les nouvelles générations vont penser la place de la femme dans le projet de la construction de l’unité de l’Afrique. « L’assujettissement de la femme et les intérêts qui y sont liés, écrit Joseph Ki-Zerbo, ont verrouillé sa condition depuis la nuit des temps dans des préjugés, des idéologies et des mythes fondateurs ». C’est cela qu’il faut déconstruire. L’Afrique reste un continent dépecé, désintégré. Les femmes peuvent lui redonner à nouveau ses membres en favorisant son unité, son intégration.

A l’écoute du soupir des femmes africaines.

En fait, parce que le « soupir d’une femme s’entend plus loin que le rugissement du lion », nous sommes invités à être attentif aux actions que mènent un certain nombre de jeunes femmes africaines actuellement sur le continent. Leur liste est longue…Elles s’appellent Raissa Ameko, mais aussi Alice Goza, Berthe Yabah, Edwige Adjo Mensah, Hamdiya Katchirika, Bessi Dakouo, Juliette Bakyono, Melina Seymour, Myriam Kalidanse, Victoria Ahoueli, Iden, Andréa, Nadia Anewone, Nathalie Traoré, Dorcas Tapsoba, etc…En elles toutes, bouillonnent des « rêves éveillés » ainsi qu’un profond désir de vouloir-vivre-autrement, de faire autrement. Il semble que lorsqu’une personne perd l’envie de vivre, c’est à ses proches qu’il revient de lui redonner de l’espoir. Voilà, ce que, modestement, Raïssa et tant de jeunes femmes sur le contient, tentent de faire pour les personnes qui sont autour d’elle.

 

 

Bref, pourquoi donc j’écris tout cela ? Eh bien, parce qu’il y a exactement un an, en août 2019, à Cotonou (Bénin), puis en septembre 2019 à Dapaong (Togo), avec Raïssa, nous avons essayé, ensemble, de faire rêver quelques jeunes filles et jeunes garçons aux histoires de vie très compliquées, nous avons essayé d’élever leur esprit, de mobiliser leur énergie pour leur redonner le goût du possible, des possibles. Je tenais alors, sur cette plateforme des Voyages d’intégration africaine, à lui rendre hommage pour ce qu’elle fait, malgré les difficultés de la vie. #Ubuntu !

Jean-Paul Sagadou

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Conditions de participation

– Etre âgé (e) de 17 à 35 ans.
– Vouloir vivre une expérience humaine, interculturelle, inter-religieuse et panafricaine.


Modalités d’inscription

– Curriculum vitae
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