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31 décembre 2019
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 Les enjeux de la décolonisation épistémique

Dans la suite de notre série d’articles, nous vous proposons d’évoquer dans les lignes qui suivent quelques enjeux de la pensée décoloniale. Les enjeux de la pensée peuvent se décliner en trois principaux points.

Premièrement, il s’agit d’une critique de la colonialité qui consiste à analyser toutes les formes de pouvoirs mises en place par la modernité impériale dans le processus d’assujettissement, ou, pour reprendre l’expression d’Achille Mbembé, dans les « processus de fabrication de sujets de race »[1] depuis la traite négrière jusqu’à la période post-coloniale en passant par la colonisation. Cette critique, loin d’être anti-occidentale, a pour but d’affirmer que chaque sphère de la planète est particulière dans son histoire, sa culture, ses formes de pensées et de savoirs et qu’il est possible que chacune d’elle contribue à la fécondité de la pensée universelle, considérée dans sa pluralité. Comme le soutient Mignolo, aujourd’hui, pour que les savoirs entrent réellement en dialogue, sans complexe, le seul projet universel qui soit valable et fécond, c’est le projet de la pluriversalité de la connaissance.[2]

Deuxièmement, il s’agit de révéler le côté obscur de la modernité et son mécanisme. En effet, la modernité occidentale, dans sa volonté de dominer le monde et de l’universaliser, a occulté l’histoire de l’humanité en mettant en place un processus de négation culturelle, en forgeant des critères de classification et de hiérarchisation des êtres, des cultures, des peuples et des savoirs. Ce mécanisme, « qui conduit le colonisé à avoir un sentiment d’infériorité au point de finir par mépriser sa propre langue, us et coutumes, au point de vouloir ressembler au colonisateur »[3] a besoin d’être mis au jour. Ce travail permettra au colonisé de mesurer la gravité de cette colonisation des consciences dont il est victime et de travailler pour sortir de cette position aliénante.

Troisièmement, la décolonisation épistémique a un enjeu éducatif et ce dernier a un double objectif : d’abord, provoquer un détachement par la désobéissance épistémique et ensuite permettre de se situer dans une pensée de frontière : “Border thinking becomes, then, the necessary epistemology to delink and decolonize knowledge and, in the process, to build decolonial local histories, restoring the dignity that western idea of universal history took away from millions of people.[4] Autrement dit, « la pensée de frontière devient alors, l’épistémologie nécessaire pour dissocier et décoloniser les connaissances et, dans le processus, de construire des histoires locales décoloniales, restaurer la dignité que l’idée occidentale de l’histoire universelle a amputé à des millions de personnes ». De ce fait, la pensée décoloniale ouvre les portes à la recherche de nouveaux terrains de recherches, de nouveaux concepts par lesquels les sociétés, particulièrement celles africaines pourront appréhender leur avenir, leur place et leur contribution dans la géopolitique de la connaissance.

Ce vaste projet de décolonisation épistémique dont l’institutionnalisation s’est faite à la conférence de Bandung et à celle de Belgrade, mais qui s’est fortement inspiré de la critique coloniale, s’est ancré dans l’espace latino-américain qui a vu naître sur son sol le réseau Modernité/Colonialité – Décolonialité[5] dont Mignolo est une figure importante. Dans ce réseau de recherche, Mignolo, par la qualité et la profondeur de ses ouvrages, a beaucoup contribué à l’appréhension de la question de la décolonisation épistémique.

Dans cette première série d’articles, nous avons voulu introduire nos lecteurs dans le sujet. Dans une seconde série de chroniques, nous analyserons le mécanisme de la colonialité en Afrique à partir de la matrice coloniale du pouvoir, de la bibliothèque coloniale et du système éducatif. L’objectif étant de mettre en évidence comment ces différents éléments contribuent encore aujourd’hui à l’asservissement des consciences en Afrique.

[1] MBEMBE, Achille, Critique de la raison nègre, Paris, La découverte, 2015, p. 191.

[2] Cf. MIGNOLO, Walter, The darker side of western modernity. Global futures, decolonial options, Durham, Duke University Press, 2011, p. 23.

[3] ELAME, Esoh, La pédagogie postcoloniale, Paris, L’harmattan, 2016, p. 5.

[4] MIGNOLO, Walter, « Preface to the 2012 edition », in Local Histories/Global Designs. Coloniality, Subaltern knowledge and border thinking, New Jersey, Princeton University Press, 2000, p. x.

[5] Réseau fondé dans les années 1990 par des auteurs latino-américains à l’instar de Santiago Castro-Gómez, Arturo Escobar, Ramón Grosfoguel, Walter Mignolo, Aníbal Quijano pour penser les questions de décolonialité. (Cf. Fátima Hurtado López, « Pensée critique latino-américaine : de la philosophie de la libération au tournant décolonial », in Cahiers des Amériques latines, 62, 2009. Cf. [En ligne]. https://journals.openedition.org/cal/1509#ftn2, (page consultée le 1er décembre 2018 à 17h15)


3 décembre 2019
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En lisant le livre de Felwine Sarr et de Bénédicte Savoy

( RESTITUER LE PATRIMOINE AFRICAIN, ed. Philippe Rey/Seuil, Paris 2018)

 

1. Le contexte du livre

« Restituer le patrimoine africain », tel est le titre du livre que Bénédicte Savoy et Felwine Sarr ont publié en novembre 2018. Ce livre reprend essentiellement des éléments qui figurent dans le « Rapport sur la restitution du patrimoine africain », conçu et rédigé dans le cadre d’une mission diligentée par le président Français Emmanuel Macron au lendemain de son discours à Ouagadougou en novembre 2017.

A Ouagadougou, le Président Macron avait proposé à l’Afrique d’inventer les chemins d’une nouvelle relation, d’une amitié sur fond d’une histoire partagée en vue d’un devenir commun. Voici très précisément ce qu’il disait : « …je terminerai par ce qui doit nous permettre ensemble d’écrire cette nouvelle relation d’amitié dans la durée au-delà des menaces, des craintes et de nos intérêts partagés. Aujourd’hui, nous sommes orphelins, nous sommes orphelins en quelque sorte d’un imaginaire commun, nous souffrons d’un imaginaire qui nous enferme dans nos conflits, parfois dans nos traumatismes, d’un imaginaire qui n’est plus le vôtre, n’est plus le nôtre, et je veux reconstruire cet imaginaire commun et d’avenir autour de trois remèdes. Le premier remède c’est la culture, dans ce domaine, je ne peux pas accepter qu’une large part du patrimoine culturel de plusieurs pays africains soit en France. Il y a des explications historiques à cela mais il n’y a pas de justification valable, durable et inconditionnelle, le patrimoine africain ne peut pas être uniquement dans des collections privées et des musées européens. Le patrimoine africain doit être mis en valeur à Paris mais aussi à Dakar, à Lagos, à Cotonou, ce sera une de mes priorités. Je veux que d’ici cinq ans les conditions soient réunies pour des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique ». Le livre de Bénédicte Savoy et de Felwine Sarr, dans le prolongement du Rapport qu’ils ont remis au Président Macron, répond à ce désir français de reconstruire un « imaginaire commun » avec l’Afrique.

2. Le livre et son contenu

Avec ses 187 pages, « Restituer le patrimoine africain » est composé de 4 chapitres successivement convergents, précédés d’une introduction et suivis d’une conclusion.  Dès l’introduction les deux auteurs du livre affirment qu’« il n’ y a plus d’impossible ». Autrement dit, désormais, le patrimoine africain ne peut plus être prisonnier des musées européens. Le premier chapitre, intitulé « la longue durée des pertes » fait l’état des lieux sur la question du patrimoine africain en Europe et présente les captations patrimoniales comme un « crime contre les peuples ». Pour rendre compte de cela, les auteurs utilisent des mots forts : il y est question d’« appropriation esthétique, intellectuelle et économique du patrimoine d’autrui » (p. 19),  d’ «  aliénation et déculturation intentionnelle des populations soumises dont l’équilibre psychologique est brisé, parfois définitivement par le départ d’objets-repères transmis de génération en génération » ( p. 19).

Ce qu’il faut retenir, c’est que le transfert des biens culturels africains dans les capitales européennes a été vraiment au cœur de l’entreprise coloniale. Le deuxième chapitre travaille à rendre compte de ce que veut dire « restituer ». Pour ce faire, les auteurs rappellent le sens littéral du mot « restituer » qui signifie rendre un bien à son propriétaire.  Mais ils vont plus loin en indiquant que « restituer vise à ré-instituer le propriétaire légitime du bien dans son droit d’usage et de jouissance, ainsi que dans toutes les prérogatives que confère la propriété » (p.52). La restitution n’est donc pas simplement un acte physique. Il comporte une dimension symbolique.

Pour Felwine Sarr et Bénédicte Savoy, « parler ouvertement des restitutions, c’est parler de justice, de rééquilibrage, de reconnaissance, de restauration et de réparation, mais surtout : c’est ouvrir la voie vers l’établissement de nouveaux rapports culturels reposant sur une éthique relationnelle repensée » (p. 52). Ainsi, si elle comporte des questions juridiques, la restitution relève aussi du politique, du symbolique, du philosophique et du relationnel. Le troisième chapitre aborde la question des « Restitutions et collections ». Les nombreuses statistiques que donnent cette partie du livre donnent à voir clairement les collections africaines conservées en France. C’est aussi dans ce chapitre que les auteurs proposent un chronogramme pour un programme de restitution (p. 106), après avoir fait plusieurs recommandations et suggestions. Enfin, un dernier chapitre définit le cadre chronologique, juridique, méthodologique et financer pour « accompagner les retours » des œuvres d’art dans les pays africains.

3. Ce que le livre enseigne à la jeunesse africaine

Organisateur, depuis 2009, pour les jeunes africains, de Voyages d’intégration africaines ( V.I.A)[1], qui accordent de l’importance aux lieux de mémoire et aux musées sur le continent africain, je voudrais indiquer quelques leçons de ce livre historique pour la jeunesse africaine.

  • Le rééquilibrage de la géographie culturelle mondiale: Sur le continent africain, plus de 60% de la population a moins de 20 ans. Cette jeunesse d’Afrique, comme l’indiquent si bien Felwine Sarr et Bénédicte Savoy, a « un droit au patrimoine » tout comme la jeunesse de France ou d’Europe. La jeunesse africaine doit avoir accès à sa propre culture, à la créativité et à la spiritualité du passé africain. Les V.I.A honorent parfaitement cette dimension de la « connaissance » et de la « reconnaissance » de l’histoire passée de l’Afrique en donnant aux jeunes, à chaque édition, la possibilité de visiter, dans le pays où s’effectue le V.I.A le patrimoine culturel du pays à travers notamment la visite des musées comme cela l’a été au musée d’histoire de Ouidah au Bénin en 2010, au musée national de Bamako au Mali en 2011, au  musée national du costume à Grand-Bassam en Côte-d’Ivoire en 2012, à la visite de l’Ile de Gorée au Sénégal en 2015, ou encore à la visite  du Fort de Cape Coast au Ghana en 2017. Quand on a vécu ces expériences de visites dans des lieux aussi importants sur le plan symbolique, on peut aisément comprendre les propos de Felwine Sarr et de Bénédicte Savoy : « Tomber sous le charme d’un objet, être touché, frappé, ému, sidéré par une chose vue dans un musée, admirer ses formes ou son ingéniosité, aimer ses couleurs, la prendre en photo, se laisser transformer par elle : ces expériences, qui sont aussi des formes d’accès à a connaissance, ne peuvent être réservées aux seuls héritiers d’une histoire asymétrique, bénéficiant de surcroît du privilège de la mobilité » (p.15)
  • Assumer « l’ère post-Ouagadougou »[2]: Il s’agit simplement de reconnaître qu’après le discours de Ouagadougou, les relations entre l’Occident et l’Afrique ne pourront plus être les mêmes et que les espaces pour libérer le colonial de son emprise politique sont à jamais ouverts.  Les restitutions des œuvres d’art volées, pillées à l’Afrique indiquent qu’un nouvel avenir est possible, dans la mesure où elles engagent une réflexion profonde sur l’histoire, les mémoires et le passé colonial (p. 52).  Ce nouvel avenir passe nécessairement par notre capacité d’interroger et de combattre « la colonialité latente et diffuse dans les rapports multiples (politiques, économiques, épistémologiques, culturels) qu’entretiennent les nations désormais indépendantes avec les anciennes métropoles » (p. 62).
  • Reconstruction de la mémoire et réinvention de soi : On peut considérer que l’urgence pour l’Afrique, c’est d’enraciner sa jeunesse dans un passé, dans une mémoire, une tradition, pour déployer cela vers un futur, un projet, un dessein individuel et collectif. Dans la mesure, où il permet de travailler sur les « impensés » de l’histoire, le livre de Felwine et de Bénédicte, autorise aussi un travail de mémoire, de reconstruction et de réinvention de soi. Au demeurant, ce livre éclaire les actions que nous menons depuis dix ans avec les jeunes dans le cadre des Voyages d’intégration africaine (V.I.A). De fait, ces V.I.A veulent redonner à la jeunesse africaine une espérance pour l’avenir, par le détour du passé. Cette espérance passera par la capacité de reconquérir « un amour de soi », une estime de soi, une réinvention de soi. Pendant les Voyages d’intégration, les jeunes redécouvrent autrement l’histoire et la culture africaine à travers des conférences, des visites touristiques et la rencontre de grands témoins africains. Ils réinvestissent divers champs symboliques de la culture africaine et tentent de se penser en dehors des injonctions occidentales, à se représenter autrement que des jeunes condamnés au désespoir, à se projeter dans le monde de demain en imaginant de nouvelles trajectoires pour les sociétés africaines loin de tout impérialisme et de toute forme de domination. Les V.I.A valorisent tout ce qui peut contribuer à l’appréciation de sa propre valeur dans une saine célébration de l’altérité. Cette manière panafricaine d’éduquer la jeunesse africaine ne se fait pas contre les autres, et ce n’est guère un repli sur soi. Au contraire, la pédagogie que mets en place les V.I.A indiquent que « la construction du commun est inséparable de la réinvention de la communauté » (Achille Mbembe).
  • Une nouvelle éthique relationnelle: C’est sans doute un des points les plus importants du livre pour les jeunes africains. Pour Bénédicte Savoy et Felwine Sarr, les objets d’art africains, bien que situés, sont l’expression du génie humain en même temps qu’ils sont une traduction matérielle de sa créativité. Le retour de ces objets sur le continent ouvre les portes à une nouvelle relation entre l’Europe et l’Afrique, ils autorisent l’existence d’un « Ubuntu », c’est-à-dire d’un appel à la construction d’une humanité commune qui favorise le lien social, le vivre-ensemble. La jeunesse africaine est en attente d’un monde où il fait bon vivre ensemble, un monde habitable pour tous.

Conclusion

Il est clair qu’une telle manière de concevoir la « restitution du patrimoine africain » n’acquière pas l’adhésion de tout le monde. Ainsi, pour l’anthropologue Français Jean-Loup Amselle[3], « la restitution apparaît aussi comme un processus de ré-ethnicisation qui s’inscrit paradoxalement dans le sillage colonial ». Amselle refuse même au patrimoine africain le statut « d’œuvre d’art », préférant les considérer simplement comme des « œuvres de l’art ». Il ne comprend pas par exemple, ce que pourrait « signifier la restitution des statuettes ou de masques bambaras, senoufos ou dogons à des communautés désormais profondément islamisées et qui rejettent dans un passé honni des objets considérés comme appartenant à l’ère des ténèbres d’avant l’islam ». Bien plus, Amselle, tout en reconnaissant l’utilité du « Musée des civilisations noires » de Dakar, se demande si ce musée ne « reproduit pas d’une certaine façon un vieux paradigme au sens où il entérine la division coloniale entre une Afrique « blanche » et une Afrique « noire », c’est-à-dire une approche selon les latitudes et les races au détriment d’une approche méridienne ». Il se demande si restituer, n’est finalement pas effectuer le retour du même ? On peut voir dans le positionnement de Amselle les effets continus de la colonialité. Dans la perspective de Felwine et de Bénédicte, le retour des objets d’art « ne signe pas leur enclavement identitaire, mais porte avec lui la promesse d’une nouvelle économie de l’échange »[4]. Au contraire, « les objets étant devenus les produits de relations historiques, il ne s’agit pas du retour du même : ils deviennent les vecteurs de relations futures »[5].

 

 

Jean-Paul Sagadou

Initiateur du Réseau de Jeunes pour l’Intégration Africaine ( R.J.I.A)

Et des Voyages d’Intégration Africaine (V.I.A)

Burkina Faso

 

 

[1] Les voyages d’intégration africaine ont été lancés en juillet 2009 à partir de la ville de Sokodé (Togo). Sept ( 7)  éditions ont déjà été réalisées dans cinq pays différents avec des thèmes différents et regroupant chaque année plus de 50 jeunes de différents pays : le Burkina Faso en 2009 avec  « l’intégration africaine » comme thème, le Bénin en 2010 avec « intégration et rencontre des cultures comme thème, le Mali en 2011 avec le thème : « intégration et renaissance africaine », en 2012 en Côte d’Ivoire avec comme thème : « Réconciliation et intégration africaine », en 2013 au Togo avec le thème : « Citoyenneté et intégration africaine », en 2015 au Sénégal avec le thème : « intégration africaine et culture démocratique », en 2017 au Ghana avec le thème : « La jeunesse africaine et afro-descendante face au panafricanisme : l’héritage de Kwame Nkrumah ».

[2] Expression du juriste ghanéen Kwame Opoku, reprise par Felwine Sarr et Bénédicte Savoy. Voir, p. 32.

[3] Cf. https://aoc.media/opinion/2019/01/24/restituer-veut-dire/

[4] Nos deux auteurs citent Benoît de l’Estoile, Intervention au Collège de France lors du colloque « Du droit des objets (à disposer d’eux-mêmes ?) » organisé par Bénédicte Savoy, 21 juin 2018, p. 68.

[5] Cf. p. 68


12 novembre 2019
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Quels sont les événements fondateurs de la pensée décoloniale ?

Le courant de décolonisation épistémique a deux principales sources historiques. La première source, celle intellectuelle, est le fruit d’une prise de conscience collective et progressive des intellectuels des pays subalternes, pendant les luttes pour libérer leurs pays du joug colonial et permettre une certaine émancipation culturelle et intellectuelle des espaces colonisés. Ces intellectuels ont perçu l’importance de réfléchir à une réappropriation des savoirs, de l’histoire et de la culture que la colonisation a contribué à déconstruire et à inférioriser. Ces auteurs, pour la plupart africains et afro-descendants, ont tenté de réhabiliter la pensée des peuples colonisés à travers la production littéraire, historique et philosophique sur la capacité des peuples colonisés à affirmer leur identité et à la faire valoir aux yeux du monde. Nous pensons particulièrement aux théoriciens de la Négritude tels que William Dubois, Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor, Léon-Gontran Damas, et à bien d’autres comme les défenseurs du panafricanisme, tels Kwame Nkrumah, Frantz Fanon, Cheick Anta Diop, pour ne citer que ceux-là. Ces différentes productions qui appartiennent au courant de la critique coloniale et postcoloniale, ont été loin de résoudre la question. Néanmoins, il faut leur reconnaître l’audace d’avoir pensé et d’avoir pris position, à partir d’une « relecture critique de l’héritage colonial, dé-colonial et néocolonial afin d’éviter la déshumanisation de l’homme à partir d’un renversement des idées reçues. »[1] Le courant de la pensée décoloniale s’en inspirera et se fondera sur ces travaux antérieurs.

À propos des origines politiques du projet de la décolonialité, Walter Mignolo nous renseigne qu’il « naquit lors de la conférence de Bandung en 1955. (…) L’objectif majeur de la conférence était d’établir un terrain d’entente et la vision commune d’un futur qui ne soit ni capitaliste, ni communiste. La voie de la « décolonisation » était ouverte ».[2] Le projet va se poursuivre à la conférence des pays non-alignés à Belgrade en 1961.

Ces événements fondateurs qui fixent le cadre de réflexion sur la pensée décoloniale ont provoqué dans les milieux anglo-saxons, latino-américains et africains, une éclosion et un développement des études postcoloniales et décoloniales et ont contribué à « reformuler, dans une perspective interculturelle, les questions indispensables au renouvellement de la pensée humaine vue dans sa pluralité. »[3] La pensée décoloniale, en s’appropriant les acquis de ces rencontres, va se fixer plusieurs objectifs : faire une critique de la colonialité, analyser le mécanisme de la matrice coloniale du pouvoir, déconstruire l’hégémonie occidentale et proposer une nouvelle perspective épistémique qui n’est pas cartésienne, mais qui se déprend des schèmes de pensées occidentales. Pour les penseurs de la décolonialité, il ne s’agit plus d’une philosophie fondée sur le cogito ergo sum de Descartes ; mais de « l’affirmation d’un « être qui existe là où il pense » au lieu d’un « être qui existe parce qu’il pense ». »[4]

Le prochain parcours approfondira, dans la perspective des fondements de la pensée décoloniale, les enjeux de ce courant de pensée. A bientôt…

Jean-Valère Kouwama, aa.

Membre du R.J.I.A)

Etudiant au Centre Sèvres (Paris)

[1] ELAME, Esoh, La pédagogie postcoloniale, Paris, L’harmattan, 2016, p. 27.

[2] MIGNOLO, Walter, « Géopolitique de la sensibilité et du savoir. (Dé)colonialité, pensée frontalière et désobéissance épistémologique », in Mouvements, 73, 1/2013, p. 182.

[3] ELAME, Esoh, op. cit., p. 30.

[4] MIGNOLO, Walter, La désobéissance épistémique. Rhétorique de la modernité, logique de la colonialité et grammaire de la décolonialité, (Coll. « Critique sociale et pensée juridique » 2), Trad. par Jasmine JOUHARI Y. et MAESSCHALCK M., Bruxelles, Ed. P.I.E. Peter Lang, 2015, p. 117.


9 novembre 2019
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Déclaration d’Abidjan sur le leadership féminin – Intégration africaine – Panafricanisme

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Les Ateliers de l’intégration Africaine (ATIA) 2019 « Leadership féminin et enjeux du vivre-ensemble en Afrique » du 31 juillet au 4 août 2019

Préambule :

Les Ateliers de l’Intégration Africaine sont un concept proposé par le Réseau des Jeunes pour l’Intégration Africaine (RJIA) à côté des Voyages d’Intégration Intégration Africaine (VIA). Ces ateliers proposent aux jeunes de différents pays, une plateforme de formation et de partage d’expérience autour d’une thématique en lien avec l’intégration africaine. Nous faisons le constat selon lequel la question du « vivre-ensemble » est devenue une question centrale dans la vie des hommes. Sur le plan politique, social, culturel et religieux les hommes ont de plus en plus du mal à s’entendre et à vivre-ensemble.  En son temps, Martin Luther King avait suggéré une orientation de comportement pour favoriser le vivre-ensemble : « nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots ». Le vivre-ensemble implique par conséquent un engagement de toutes les couches sociales et surtout la prise en compte du genre, comme une démarche obligée pour mettre femmes et hommes au service de la construction de la paix. Dans ce sens nous pouvons reconnaître que cette paix ne sera possible que si la femme, maillon incontournable de la société, est vraiment impliquée dans la gouvernance et dans la lutte pour l’intégration et l’unité du continent africain.

Nous, jeunes du RJIA, en partenariat avec l’association HIDAYA de la diaspora africaine, à l’issue des ATIA 2019 dont le thème nous interpelle sur le leadership féminin à travers la notion du vivre ensemble, sentons le désir d’un meilleur engagement, de la part des autorités politiques civiles militaires et religieuses, de la jeunesse de façon générale et des femmes en particulier.

En effet durant trois jours, des jeunes issus de plusieurs pays où est implanté le RJIA (Burkina, Côte d’Ivoire, Mali, Niger, Sénégal, Togo), Afrique centrale (Cameroun) et de la diaspora africaine vivant en France, ont bénéficié de formations et de partages d’expériences autour de la thématique de ces ateliers.

Au sortir de ces ATIA 2019, nous retenons de fortes urgences à savoir :

  • Améliorer et valoriser la notion du vivre-ensemble ;
  • Vulgariser l’importance du rôle de la femme dans la fabrique du vivre-ensemble ;
  • Promouvoir l’éducation comme socle du développement pour le continent africain.

Aux autorités politiques et religieuses nous attendons :

  • L’information et la formation sur les textes favorisant la libre circulation des personnes ;
  • La mise en place d’une police commune régionale des frontières et d’une cellule de veille pour une libre circulation des personnes;
  • La (ré)valorisation de la formation et des études de façon générale et de manière spécifique dans la sous-région car, comme l’écrivait Joseph KI-ZERBO : « un peuple qui refuse de prendre en charge sa jeunesse est un peuple suicidaire »
  • La (ré) valorisation de l’apport de la femme dans la fabrique du vivre ensemble ;
  • L’accompagnement des différentes formes de leadership féminin qui se développent sur le continent africain et dans sa diaspora.

A la jeunesse africaine et sa diaspora, nous recommandons :

  • L’appropriation de notre histoire ;
  • L’appropriation de la lutte pour l’intégration africaine ;
  • La mise à disposition de nos savoirs, savoir-faire et savoir-être au service du développement du continent africain ;
  • La veille et le plaidoyer pour le respect des engagements pris par nos dirigeants dans la consolidation de l’unité africaine.

Aux jeunes filles et jeunes femmes, nous souhaitons :

  • La prise de conscience de leur rôle dans la fabrique du vivre ensemble ;
  • La valorisation de leur apport dans la formation initiale et continue pour un leadership transformationnel et bienveillant ;
  • L’appui sans faille dans les structures de développement communautaires, dans les instances ; politiques, syndicales, et de décisions professionnelles ;
  • L’implication dans l’entreprenariat/l’auto-emploi.

 

Abidjan, le 4 août 2019

Les Participants


30 octobre 2019
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Pourquoi poser le problème de la décolonisation épistémique en Afrique ?

 

Dans mon précédent article, je vous proposais de poursuivre notre réflexion sur les raisons de la nécessité de réfléchir aujourd’hui en Afrique, à la décolonisation épistémique. Eh bien, c’est de cela qu’il s’agira ; ou mieux, il s’agira de formuler le problème tel qu’il se pose aujourd’hui à partir de quelques éléments historiques que vous connaissez certainement.

L’échec de la décolonisation politique

En effet, l’histoire de l’humanité a été marquée, entre 1500 et 1960, par divers événements qui ont contribué, particulièrement en Afrique, à l’assujettissement de l’homme par l’homme, à la conquête de l’espace, à la dépersonnalisation de l’être africain et à la dévalorisation de sa culture. Il s’agit de la traite négrière et de la colonisation. Aujourd’hui, l’une des plaies non encore cicatrisée de ces événements historiques, fragilisant les échanges intellectuels entre l’Occident et l’Afrique et empêchant un dialogue franc entre les savoirs, est le maintien de cette forme de colonisation et de domination des savoirs par les anciennes métropoles. Aujourd’hui encore, elle continue d’asservir la pensée des peuples autrefois colonisés et ce, malgré le processus de décolonisation politique qui a conduit progressivement les anciennes colonies aux indépendances. L’une des raisons de cette situation de dépendance de l’Afrique par rapport à l’Europe est, selon Mignolo, l’échec de la décolonisation politique qui n’a pas pris en compte la décolonisation de l’être et de la pensée. Le contrôle des savoirs par la matrice coloniale du pouvoir, la notoriété de la bibliothèque coloniale[1] et le maintien d’un système éducatif calqué sur les modèles des pays colonisateurs en sont des illustrations. Cet échec de la décolonisation politique a pour conséquence une crise identitaire chez le colonisé, crise caractérisée par la négation de sa propre culture et de son être, le maintien de son complexe d’infériorité et un déficit d’échanges francs entre l’Occident et l’Afrique dans le domaine de la pensée.

La décolonisation de l’être et des savoirs

Les nombreuses réactions en termes de productions littéraires, historiques et philosophiques des intellectuels africains pour prouver que le Noir était capable de raisonner comme le Blanc ont ouvert la route au projet d’émancipation de la pensée africaine. Aujourd’hui, ce débat se formule autrement. Comme le souligne le philosophe argentin Walter Mignolo, « The problem is, (…), how to decolonize knowledge and being by affirming the geopolitical legitimacy of knowledge for decolonization, rather than knowledge to control the world by knowing its laws.”[2] Ce qui se traduit  par : « Le problème est, (…), comment décoloniser les connaissances et l’être en affirmant la légitimité géopolitique des connaissances pour la décolonisation, plutôt que des connaissances pour contrôler le monde en connaissant ses lois. »[3] Face à cette nouvelle perspective qui est aussi une préoccupation de la philosophie africaine, nous sommes en droit de nous demander comment une pensée africaine, épurée du poids de l’héritage épistémique colonial, peut-elle se développer et entrer en dialogue avec d’autres savoirs ? Walter Mignolo, à travers ses différents ouvrages, tente de résoudre la question. Il est convaincu que « sans « décolonisation épistémique », une véritable communication interculturelle sera impossible, et qu’aucun échange d’expériences et de constructions sémiotiques nécessaire au fondement d’une rationalité-autre ne pourra avoir lieu. »[4]

Ouvrir les frontières du savoir

De fait, la décolonisation épistémique en tant que processus de déconstruction/construction est une invitation à « apprendre à désapprendre, pour pouvoir apprendre à nouveau. »[5] C’est la recherche d’une logique de pensée autre que celle occidentale et qui puise dans les catégories et concepts africains pour réfléchir les problèmes du continent africain. Un effort d’ouverture des frontières du savoir ; le but étant de créer des ponts qui permettent à la pensée de circuler dans une dynamique de la complémentarité et de la fécondité, sans qu’une pensée ne soit au-dessus de l’autre. C’est un projet qui, loin de vouloir affirmer l’universalisme d’une pensée isolée, fait l’apologie d’un pluriversalisme de la connaissance.

Le mois prochain, nous reviendrons sur la genèse de la pensée décoloniale en insistant sur les événements fondateurs de ce courant de pensée qui semble être incontournable pour l’Afrique si elle veut travailler à une réelle émancipation de ses peuples.

 

Jean-Valère Kouwama

Membre du RJIA

Etudiant au Centre Sèvres/Paris

 

[1] Expression forgée par Yves-Valentin Mudimbe pour désigner toute la littérature écrite par les colons, selon leurs intérêts, sur les peuples colonisés. (Nous reviendrons plus tard sur cette notion)

[2] MIGNOLO, Walter, The darker side of western modernity. Global futures, decolonial options, Durham, Duke University Press, 2011, p. 101.

[3] Cette traduction et les prochaines sont faites par nos bons soins.

[4] MIGNOLO, Walter, La désobéissance épistémique. Rhétorique de la modernité, logique de la colonialité et grammaire de la décolonialité, (Coll. « Critique sociale et pensée juridique » 2), Trad. par Jasmine JOUHARI Y. et MAESSCHALCK M., Bruxelles, Ed. P.I.E. Peter Lang, 2015, p. 148.

[5] Ibidem, p. 124.


29 octobre 2019
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Moi et les ATIA : « LEADERSHIP FÉMININ ET ENJEUX DE VIVRE ENSEMBLE »
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« Ces dernières années, sur le continent africain, dans un contexte où malgré les politiques, stratégies, programmes, actions pour l’autonomisation des jeunes et la réduction des inégalités de genre, la sous-représentation des jeunes dans tous les domaines demeure une réalité incontestable.
Ce contexte difficile n’enfreint pas, paradoxalement, l’émergence d’une catégorie de femmes leaders débordant d’initiatives et d’idées, de solutions innovantes, venant de tous les pays et régions et présentes dans tous les secteurs : religion, éducation, sciences et technologie, communication et médias, affaires et finances, politiques, administration, social etc…

Qu’est ce qui fait leur point commun ?

Elles ont le courage de rompre sans les renier, avec les rôles traditionnels auxquels elles étaient condamnées (reproduction, ménage, etc.). Elles sont des diplômées ou des autodidactes, qui se font un chemin à travers l’adversité, les limitations et les défis pour la majorité et ont un rêve commun : participer à construire une Afrique émergente et indépendante.
Leur plus-value à leurs prédécesseurs, qu’elles respectent et dont elles célèbrent les acquis et réalisations (qui ont tracé, balisé le chemin parfois au prix de leurs vies) : être complémentaires et solidaires, prenant de plus en plus, timidement souvent, conscience de la force de l’unité.

Dans ce contexte, les questions qui émergeront dans un souci de vivre-ensemble au-delà de l’individualisme, des guerres, des divisions de plus en plus grandissant :

– En tant que femme, jeunes femmes et jeunes filles leaders africaines, qu’est ce qui fait notre unité, qu’avons-nous en commun au-delà de nos nationalités, pays, langues, cultures, environnement, perceptions etc… et pourraient constituer à bâtir le vivre -ensemble ?
– En tant que femme, jeunes femmes et jeunes filles leaders africaines, qu’est ce qui fait notre différence, notre unicité et comment pouvons-nous construire un vivre ensemble à travers ces différences tout en n’occultant pas nos défis ?
– En tant qu’africaines, qu’est ce qui au-delà des différences ou unicités demeurent des questions et préoccupations communes à toutes indépendamment de la race, culture, environnement entre autres: « le manque de ressources pour un encadrement solide/systèmes d’appui ; la discrimination sociale, les constructions culturelles et sociales (stéréotypes) qui ne facilitent pas davantage la participation effective à la vie publique ; les mariages précoces, les grossesses non désirées, le difficile accès aux soins de santé et à l’éducation, le chômage (les jeunes femmes sont plus touchées par les hommes), la pauvreté et le manque d’opportunités économiques, les disparités sur le marché de travail, l’absence de mécanisme institutionnels adéquats, de structures, de politiques et de normes sociales pour faciliter l’engagement politique et la capacité à assumer son rôle de leader féminin…

Pour construire le vivre-ensemble comme piste de solutions :

– les principes établis, promus et respectés seront généralement ceux-ci: l’intérêt du groupe au détriment de l’intérêt individuel, l’acceptation mutuelle (au-delà des considérations de race, d’ethnies, de langues, de possessions matérielles ou non, de statut social et de titres), la prise en compte des avis des uns et des autres, le consensus, la tolérance, l’honnêteté, le respect mutuel, l’intégrité, le respect des closes établis, la gestion efficace et efficiente des ressources, la définition objective des priorités…

– des réponses communes et adaptables à chaque spécificité aux problèmes communs rencontrés en tant que jeune femme leader…

Spécifiquement concernant l’école de Vision, elle vient comme une réponse à un problème commun identifié chez toutes les jeunes filles en Afrique : sur le plan de développement personnel, les jeunes filles et jeunes femmes pour la majorité n’ont pas de projets de vie, de rêves ni une vision claire pour leur avenir et ont du mal à s’affirmer et faire émerger le leader en elle. Parmi celles qui disposent de projets de vie, ces projets ne sont pas toujours en accord avec leurs personnalités, compétences et valeurs contribuant ainsi à leur échec. Aussi par manque de confiance en elles-mêmes et évoluant dans un environnement souvent très peu encourageant, avec très peu d’accompagnement, n’osent-elles passer de leurs rêves à la réalité.
Elles manquent également de modèles de femmes auxquelles s’identifier ou des mentors dans tous les domaines (spirituelle, économique, social, politique) qui puissent les accompagner dans leur rêve de vie.

L’École vient donc comme une réponse indépendamment du pays, de la région, de la culture, etc. à trouver des solutions à ces défis tout en sachant que la femme demeure à ce jour la garante de l’éducation en Afrique au-delà des progrès et de la modernité. Elle peut être reproduite dans tous les pays et adaptées à toutes les situations.
Dans une société de plus en plus individualiste, il importe que l’éducation (formelle ou non formelle), inscrive dans ses priorités de développement des programme portant sur le changement de mentalité sur la question, à tous les niveaux et dans tous les milieux pour parvenir à des résultats escomptés en y facilitant l’accès aux jeunes femmes et jeunes filles à ce genre d’initiatives en vue d’en faire des leaders équilibrées et épanouies pouvant contribuer au développement du continent à côté des hommes pour un développement harmonieux ».
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Rendez-vous à Abidjan en juillet et août 2019!! A très vite !!


29 octobre 2019
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Moi et les ATIA !!!

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« Engagée dans la lutte contre les violences faites aux femmes et en faveur des orphelins, je suis Mlle DAKOUO Bessiba Raïssa est diplômée en gestion hôtelière et étudiante en communication.

Attachée à l’éducation de la jeune fille et à l’autonomisation de la femme, je reste convaincue que notre continent ne se fera qu’avec la pleine implication de celle-ci.

Le leadership féminin fait beaucoup parler en ce moment dans nos différents pays, il faudrait que cela devienne une réalité sur le terrain, dans les cercles de prises de décisions, le vivre-ensemble n’en sortira que renforcé puisque dans l’histoire même de nos différents peuples, la femme a toujours été une rassembleuse, trouvant toujours le moyen de donner sa place à chacun des membres de la communauté.La justice, la liberté, la solidarité, la tolérance et l’équité sont des valeurs essentielles à la base de toute société qui se veut évolutive, des valeurs qu’il faut renforcer et les femmes ont un grand rôle à y jouer.

Les Ateliers de l’intégration Africaine seront un rendez-vous du donner et du recevoir, un moment de partage. Nous ferons donc de cette aventure d’intégration africaine, un temps de synergie entre femmes et hommes engagés dans nos sociétés pour booster l’excellence féminine »

Rendez-vous à Abidjan en juillet et août 2019!! A très vite!!


8 octobre 2019
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Moi et les ATIA :  » LEADERSHIP FÉMININ ET ENJEUX DE VIVRE ENSEMBLE »
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L’urgence c’est la femme ! Car c’est elle qui porte le monde.

Je me réjouis que le genre soit au centre des ATIA 2019.
Chaque jour, de nombreuses femmes, jeunes et moins jeunes, s’impliquent avec bravoure et efficacité dans la reconstruction de l’Afrique et pour un monde plus juste.

La femme par nature est un leader, car c’est elle qui donne, porte et entretien la Vie. Elle en est le sel.
Il est donc normal et judicieux de célébrer le leadership féminin.
Aujourd’hui plus que jamais nous devons soutenir et encourager l’implication des femmes dans toutes les sphères du management publique et privé, car quand la femme va ! le monde va !
l’Afrique ne saurait ignorer cette réalité.

Peut-on envisager la construction du monde, sans l’implication de la femme ? Non !

C’est en cela que je trouve intéressante la notion du << Vivre du vivre ensemble >> qui sera au coeur de nos échanges à Abidjan. Cette notion sera vaine, sans la femme. Oui ! Encore la femme et toujours la femme ! Car elle représente : l’acceptation, la solidarité, le renoncement, et l’engagement ; des valeurs et des principes inhérents du « vivre ensemble » .

Pour moi les ATIA 2019, constituent une excellente rencontre et une plateforme idéale pour informer, former et éduquer les jeunes leaders du continent afin que l’Afrique recentre l’action de la femme et le vivre ensemble au sein de ses priorités.
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Rendez-vous à Abidjan en juillet et août 2019!! A très vite !!



Conditions de participation

– Etre âgé (e) de 17 à 35 ans.
– Vouloir vivre une expérience humaine, interculturelle, inter-religieuse et panafricaine.


Modalités d’inscription

– Curriculum vitae
– Lettre de motivation à envoyer via notre adresse mail



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